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LIBYE : SEVICES, HUMILIATIONS ET AUTRES MAUVAIS TRAITEMENTS

LIBYE : Sévices, humiliations et autres mauvais traitements


Au pays de Mouammar Khadafi, il ne fait pas bon vivre, surtout dans les centres de rétention où échouent, partis du Nigéria, de la Somalie ou de l'Érythrée, les candidats malheureux à l'exil vers des horizons plus cléments. Un réfugié de Gandufa témoigne!

Ce camp financé par l'Europe est un véritable purgatoire à ciel ouvert. Dernièrement, un retenu somalien a pu témoigner des sévices subis dans ce centre qui s'apparente davantage à une prison, voire à un centre de torture. Afin d'alerter la communauté internationale sur la situation qui y prévaut, une grève de la faim a été entamée par les malheureux qui ont échoué dans ce lieu maudit qu'est le centre de rétention de Gandufa.

Voici le témoignage d'un de ces retenus (propos recueillis par téléphone)

«Tout a commencé dans la soirée, autour de vingt heures. Après le dîner. Tu sais, Ganfuda est une grande prison. Et au centre il y a une grande cour. C'est là où ils nous emmènent  le soir pour une heure dehors. A cette époque, nous étions un millier, dont la moitié de Somaliens.


Ce soir-là, à un certain moment, Somaliens et Nigérians ont pris d'assaut la porte pour s'échapper. La police était abasourdie. Les policiers étaient en minorité, ils ne savaient pas quoi faire. Au début, ils nous ont attaqués avec des matraques. Puis, avec les couteaux, et enfin, quand la situation était complètement hors de contrôle, ils ont commencé à tirer avec des fusils, pour nous faire peur. Ils ont tiré en l'air. Mais certains ont été blessés.

Avez-vous vu les photos que nous avons envoyées ? Là, on voit ! Ceux qui ont de la gaze sur le dos, ils les ont emmenés à l'hôpital, et puis ils les ont ramenés à la prison au bout de 2 ou 3 jours. Depuis ce jour, c'est l'enfer. Ils nous gardent enfermés dans les cellules 24 heures sur 24, nous ne pouvons même pas nous montrer à la fente de la porte.

 

20 morts, de nombreux blessés et 130 disparus.


Moi, personnellement,  des cadavres, j'en ai vu 5. C'est la police qui nous a dit le lendemain qu'il y avait 20 morts. Je ne connaissais pas bien les victimes. Mais 2 amis chers font partie du groupe de 130 qui ont disparu. Tous les jours,  leurs familles m'appellent de Mogadiscio  pour avoir des nouvelles. Mais personne ne sait ce qui s'est passé pour eux. S'ils ont réussi à s'échapper, ou s'ils sont dans une autre prison.

Avec l'un d'eux on avait fait le voyage ensemble. Nous sommes partis du Soudan, sur la même voiture. Lorsque nous avons été arrêtés il y a six mois, nous venions à peine de traverser le Sahara. Nous avons d'abord été emmenés à la prison de Kufrah. Nous sommes restés là  un mois. Puis ils nous ont transférés ici à Gandufa. Ils ont dit que c'était le centre des Somaliens.

Après le massacre ils nous ont appelé Amnesty et Human Rights Watch, disant qu'ils auraient alerté les Nations Unies. Mais nous n'avons vu personne. En attendant, ils disent qu'il y a eu une sorte d'amnistie. Un accord entre la Libye et le gouvernement somalien grâce auquel une partie des Somaliens détenus en Libye seraient relâchés. Mais cet accord ne s'applique pas à nous? Pourquoi notre Premier ministre ne vient-il pas en visite? Le seul moyen est la corruption. Il existe un étrange tour, vous savez, un accord entre les intermédiaires somaliens et certains policiers Libyens : vous payez 1100 $ et vous êtes dehors.


Vous, de l'extérieur, vous ne pouvez pas imaginer. Nous sommes désespérés, ils nous laisseront mourir avec cette grève de la faim! Nous sommes des personnes humaines, on ne peut pas nous traiter comme des animaux! Regarde, devant moi, il y a un garçon de 16 ans. Il me fait beaucoup de peine. Ils l'ont poignardé cinq fois à la cuisse.

Nous sommes des réfugiés, ils ne peuvent pas nous traiter comme ça. Prenez mon cas. J'ai 25 ans. J'ai quitté Mogadiscio à la fin de 2008. En Somalie, je n'avais pas de travail réel. Vous connaissez la situation. Le pays est en pleine débandade, il est difficile d'avoir un emploi stable. Et j'ai dû fuir. L'anglais, je le parle si bien parce que j'ai un frère et une sœur à Londres. Mon plan était de les rejoindre. Mais je ne sais pas si ce sera encore possible. Regarde, enLibye, nous avons perdu espoir. Il ne nous reste que la mort. C'est très triste. Je ne réussis pas à t'expliquer. Tu devrais voir  avec tes yeux.

Écris. Écris sur ton journal que nous demandons à la communauté internationale, aux Nations Unies et au gouvernement somalien de venir ici à Gandufa et de constater par eux-mêmes ce que nous traversons.

Écris sur ton journal, qu'ici en prison c'est pire que la guerre. Parce que nous ne sommes pas libres parce que nous avons perdu notre dignité. Parce que nous sommes torturés. Je ne t'ai pas dit une chose. Toi, tu ne sais pas ce qui s'est passé après la révolte. Pendant 7 jours, chaque jour, à chaque changement de quart, les militaires rentraient dans la cellule, sans rien dire, ils se regardaient et puis commençaient à nous frapper. Ils nous donnaient des coups de bâton. Ils semaient la terreur. Puis ils sortaient.

Et après quelques heures, venait un autre groupe dont les éléments étaient armés d'une sorte de matraque électrique. Mais ils s'en servaient principalement  pour torturer les Érythréens. Crois-moi. J'ai dit la vérité et je vais être honnête jusqu'au bout. Les Érythréens ont été  torturés plus que les Somaliens. Beaucoup plus. Et vous savez pourquoi? Parce qu'ils sont chrétiens. Pour un problème de religion, les flics sont si ignorants … Certains mecs sont fous. Tu les vois la nuit, quand tout le monde dort sur le sol, ils restent debout et continuent de parler au mur, comme si ils avaient des hallucinations.

Maintenant que tu me dis que l'Italie refoule directement en Libye  les Somaliens arrêtés en mer, je ne sais pas, ce serait peut-être mieux de nous renvoyer tous directement en Somalie. Je ne sais pas ce qui leur  arrive aux refoulés emprisonnés dans les camps de Zuwarah et Tripoli, mais si c'est comme pour nous à Gandufa, ce serait mieux qu'on nous rapatrie tous. Faites nous sortir. Où vous voulez. Même en Somalie. Mais faites-nous sortir d'ici. "


Vidéo ( réalisée à l'aide d'un téléphone portable)


//www.youtube.com/watch?v=CLdmqUDww4s


Source : Bivouac-id



 



10/09/2009
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